Regards

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Chichicastenango

Publié le lundi 4 juin 2007 (par Dominique)

Commerce et mysticisme sont intimement mêles dans cette ville des hautes terres guatémaltèques proche du lac Atitlan, de Panajachel et Solola.

C'est de loin un des plus vastes marchés du Guatemala.
Avant d'être un lieu particulièrement prisé par les touristes, il est un lieu de rencontres et d'échanges pour les quelques 20.000 indigènes qui vivent dans les environs.
Le touriste de passage l'oublie un peu vite surtout selon la période de son voyage.
Une fois de plus je me suis félicitée de mon choix de période un peu décalée.
J'ai pu visiter ce marché dans d'excellentes conditions avec très peu de touristes.
Nous étions un petit groupe, avec la capacité de décider comment nous avions envie de vivre les choses et donc de décider du temps que nous passerions sur place. Nous avons choisi d'y passer une grande partie de la journée de ce fait la matinée passée, les quelques touristes partis, nous avons pu voir ce que représentait vraiment ce marché pour les autochtones.

Prononcez “tchitchicastenango”, aussi appellée Santo Tomás, est une ville du département du K'iché' des hautes terres du Guatemala est à 140 km de Guatemala City ou de Huehuetenango à 30 km de Solola ou du lac Atitlan. Cette région est aussi appelée “Chuquila”.

Le nom de la ville vient de la plante appelée “chichicaste”, une sorte d'ortie violette qui pousse à foison dans la région, soit en arbuste épineux, soit en plante. Les indigènes s'en servent pour faire des cordes, mais aussi dans la médecine maya pour les saignements de nez, purifier le sang, calmer les douleurs rhumatismales.

Outre le marché qui regroupe toute la production artisanale des environs : tissages, broderies, travail du bois, fabrication de masques, bijouterie à partir du jade, maroquinerie, poterie ; ce marché attire tous les petits producteurs des environs qui viennent vendre leurs produits.

Et par dessus tout, ça il y a les multiples célébrations de rituels mayas tant devant que dans l'église Santo Tomas, que sur la colline voisine là où se trouve le sanctuaire de Pascual Abaj.

Le curé local n'a plus vraiment droit de citée dans son église, complètement investie par les chamans, prêtres-guérisseurs...
Le parvis de l'église avec ses marches de pierre en demi cercle accueille des marchandes de fleurs et d'offrandes, installées là tôt le matin. Elles vendent soit des bouquets de fleurs à grandes tiges, soit des pétales de fleurs, des fruits ou des baies dans des corbeilles qui seront répandues sur les autels.

Vous assisterez à des rites de purification à la porte principale de l'église à grand renfort d'encens, d'alcool et de bougies.
L'intérieur de l'église est quelque peu réaménagé... avec des autels supplémentaire souvent à même le sol en pierre ou en métal sur lesquels brûlent une multitude de bougies.
Selon les jours et les cérémonies le sol de l'église est jonché d'aiguilles de pin ou de pétales de fleurs, parfois des deux.

Surtout ne quittez pas “Chichi” sans aller dans la pinède où les chamans officient en référence à Pascual Abaj.
Le lieu est assez surveillé, la police y fait des rondes fréquentes. Si vous êtes respectueux et discrets, vous serez tolérés. S'il y a peu de touristes comme ce fut le cas pour nous, vous pourrez échanger avec les personnes qui viennent demander des célébrations, ainsi qu'avec les chamans.

Je vous invite à lire l'avis que j'ai rédigé pour le site Ciao qui est très complet.
www.ciao.fr/Chichicastenango_Guatemala

Vous trouverez aussi de nombreuses photos dans le portfolio que je lui ai consacré :
Portfolio : Guatemala-Chichicastenango

Bon surf…

Sumpango - Les “Barrietes gigantes”

Publié le lundi 4 juin 2007 (par Dominique)

C'est pour assister à cette fête particulière que j'ai choisi de visiter le Guatemala à cette période précisément.
Les traditions mayas font que le culte des morts en règle générale est très différents de nos pratiques occidentales. La mort fait partie de la vie. Les cimetières sont très colorés, plein de fleurs, vivants, en bordure de chemin ou de route, dominant parfois le village.

Le 1er novembre qui est la grande fête des morts est diversement célébrée selon les régions.

Mais, ce qui est commun à l'ensemble du pays, c'est la décoration des tombes avec des bouquets de fleurs, des pétales de roses, d’œillets d'inde, et de guirlandes découpées.
Les familles s'y rendent au grand complet avec le pique-nique, la radio et les offrandes fleuries…
Ils passeront pratiquement la journée joyeusement affairé à rendre la tombe de leurs parents la plus jolie possible.
Les cimetières sont particulièrement joyeux ce jour là, le marchand de glace parcourt les allées avec son frigot roulant en agitant sa cloche ou en faisant raisonner une musique qui vous crève les oreilles. Le marchand de barbe-à-papa n'est pas en reste, ni les marchands de bonbons, boissons et autres friandises. C'est la fête.

À Sumpango (près de la Antigua Guatemala) comme à Santiago Sacatepequez (près de la nouvelle capitale Guatemala Ciudad), cette fête donne lieu à la construction de cerfs volants géants, et à des concours bien sûr.

Origine de cette célébration
Directement liée à une légende traditionnelle, selon laquelle, il y a très longtemps, le cimetière de SUMPANGO était envahi, le jour des morts, par des esprits malins qui venaient déranger le repos des bonnes âmes des défunts.
Selon la légende, il y a plusieurs années, et cela se reproduisait annuellement lors de la journée des Morts (1er novembre), le cimetière de Sumpango était envahi par de mauvais esprits qui prenaient un malin plaisir à déranger les bons esprits dont les corps y reposaient dans ce cimetière.
Les bons esprits inquiets et embêtés par ces mauvais esprits se promenaient dans les rues et maisons du village.
Pour remédier à la situation, les habitants décidèrent de consulter les sorciers qui se regroupèrent pour trouver un moyen efficace pour chasser ces mauvais esprits. Selon eux, il suffit que le vent frappe des morceaux de papier afin de produire un son capable d'éloigner sur-le-champ les mauvais esprits et de laisser reposer en paix les bons esprits.

Cette légende est à l'origine de la construction des “barriletes”, cerfs-volants guatémaltèques. Ils symbolisent des fenêtres destinées à communiquer avec les morts, chaque année, le jour de la Toussaint. Plus exactement les cerfs-volants géants vont permettre à l'âme des morts de s'élever de l'inframonde vers les mondes supérieurs.

Les habitants de Sumpago, d'origine Maya cakchiquel, profitent depuis plusieurs années de la fête des morts pour afficher sur leurs cerfs-volants, leur volonté de défendre les valeurs de la Culture Maya.

Le découpage et l'assemblage des pièces de papier-vitrail, ou papier de chine, colorées constituant le dessin, préalablement dessiné sur du papier blanc, d'un cerf-volant d'environ 10 mètres de diamètre demande 45 jours de travail acharné à un groupe de 35 personnes, à raison de 6 heures par jour. Pour la plupart des gens qui participent à ces créations, c'est une activité qui occupe toutes leurs soirées pendant plusieurs mois.
La queue du cerf-volant, aussi appelée “Patzunga” joue un rôle très important. Elle équilibre le cerf-volant, l'empêchant de s'en aller de côté pendant qu'il s'élève dans les airs. Elle est constituée des chutes de tissus fournies les tailleurs de la localité et d'une grosse corde d'agave. La longueur de la “Patzunga” est proportionnelle à la taille du cerf-volant.
L'armature des “barriletes” est faite de baguettes de roseau ou de bambou suivant de la taille du cerf-volant. Cette structure est préparée dans la nuit du 31 octobre. Elle est construite avec du chanvre ou du fil de fer d'amarrage, de façon à atteindre la forme polygonale traditionnelle. Cette activité s'appelle “Lunée du cerf-volant” .

Véritables œuvres d'art qui n'ont pas de prix et qui seront brûlées le soir du 1er novembre pour ceux qui ne se seront pas envolés.
L'assemblage final se réalise le jour même du concours sur place.

*****
Cette fois encore pas d'illustrations dans le billet, mais une invitation à parcourir le portfolio réservé à cette fête.
Portfolio : Guatemala-Sumpango

La Antigua Guatemala

Publié le lundi 4 juin 2007 (par Dominique)

J'ai vraiment beaucoup aimé cette ancienne capitale coloniale.
Pas de grands immeubles à cause des trop nombreux tremblements de terre qui ont jalonnés son histoire.
Les maisons ou habitations ont en général un seul un étage, parfois deux. De très nombreuses habitations coloniales ont été joliment aménagées, soit en école pour apprendre l'espagnol, soit en restaurants et hôtels de caractère, soit en galeries artisanales ou galeries d'art. Cela est toujours fait avec beaucoup de goût et révèle un réel savoir vivre.

Visiter Antigua, c'est d'abord apprendre à pousser les portes de ces forteresses qui réservent bien des surprises et des lieux ou l'art de vivre n'est pas un vain mot. Une multitude de havres de paix et de calme à l'abri des regards, loin de l'agitation jalonnent la ville. Des îlots de ressourcement offrant une végétation colorée, diversifiée, étonnante. Il suffit pour y goûter de pousser la porte et d'oser s'aventurer dans ses patios, presque tous sur le même modèle, mais très différents dans l'aménagement.

Bref aperçu historique
Ancienne capitale de la Capitainerie générale du Guatemala, Santiago de los Caballeros au Guatemala, appelée aujourd'hui : La Antigua Guatemala, fondée le 10 mars 1543, à 1500 mètres d'altitude, dans la vallée de Panchoy, s'étend au pied des volcans Agua et Fuego au beau milieu d'une région de séismes.
Son premier emplacement, sur les flancs du volcan Agua, où la ville avait été fondée le 22 novembre 1527, fut submergé par une coulée de boue, le 11 septembre 1541.

Santiago de Guatemala a été pendant plus de deux siècles un important centre politique, économique, religieux et culturel. Elle était le siège de “la Audiencia de los confines”, cour royale créée le 13 septembre 1543 à la suite de “las Leyes Nuevas de Indias” de 1542, pour remplacer la cour royale de Panama, elle abritait le Tribunal de justice compétent pour toutes les audiences du royaume.

Le plan de Juan Bautista Antonelli, (qui est aussi l'auteur de fortifications de Cartagena, de la Havane, et de San Juan de Porto) est en damier inspiré des principes de la Renaissance italienne, orienté sur les quatre points cardinaux.

La circulation vers et hors de la ville comme à l'intérieur est très facile. L'essentiel du tracé urbain d'origine a été conservé au fil des multiples reconstructions, sur les quelques 50 ha qu'elle couvre.

Plusieurs gros séismes ont nécessité plusieurs reconstructions.
Celui de 1590 verra l'édification de monuments d'inspiration médiévale et Renaissance au cours du XVIIe siècle.
Le suivant en 1717 favorisera la reconstruction des grands édifices que le séisme de 1773 laissera en ruines.
Celles que nous voyons aujourd'hui au fil de nos balades dans cette ville.
Le 29 juillet 1773, le tremblement de terre de la Sainte Marthe détruisit la ville. Les autorités espagnoles prirent alors la décision de son transfert définitif dans la vallée de la “Ermita ”, où elle fut de nouveau fondée en 1776, sous le nom de Nueva Guatemala aujourd'hui nommée “Guatemala Ciudad”, capitale de l'actuelle République de Guatemala.
Vous trouverez un avis beaucoup plus détaillé le passé de la ville que j'ai déposé sur le site de consommateurs de Ciao : www.ciao.fr/Antigua_Guatemala

La ville aujourd'hui
Elle est très agréable à vivre pour quels jours, quelques semaines ou quelques mois.
Plus, il faut voir car le Guatemala n'est pas vraiment accueillant pour l'étranger qui cherche à s'implanter.
Pour apprendre l'espagnol, vivre à un autre rythme, c'est une excellente destination.
Ville de taille humaine, elle est vivante, mais ne grouille pas de monde comme une capitale.
On a le temps de vivre.
Je n'y ai pas vu d'embouteillage.
Antigua attire beaucoup de monde, beaucoup d'étrangers, mais cela reste dans une proportion très acceptable, sauf sans doute, pour la Semena Santa, pour Pâques.

Il est possible de vivre à Antigua sans dépenser de grosses sommes.
La nourriture est variée, bonne en général.
Vous trouverez beaucoup de restaurants de toutes catégories, certains très simples proposent une nourriture locale très agréable pour un petit budget. Il y a aussi de multiples “brasero” ambulants sur les places ou aux croisements des larges rues de la ville offrant pour quelques quezals des plats chauds ou froids le midi et le soir.

Remarquablement située au coeur du pays, Antigua est doté d'une multitude de lignes de bus régulières pour toutes les destinations intéressantes. Vous pouvez depuis Antigua rayonner dans tout le pays, une fois de plus pour des budgets très raisonnables. Il y a aussi des offres intéressante par les très nombreux tours opérators installés en ville. En fait vous aurez vite l'embarras du choix.

Je ne joins pas de photos à ce billet, mais je vous invite à découvrir un peu plus Antigua au travers du portfolio que je lui ai consacré : Portfolio : Guatemala-Antigua
Bonne visite…

Guatemala

Publié le mardi 24 avril 2007 (par Dominique)

Trois semaines en novembre 2006 pour découvrir le Guatemala.

Quatre mois de recul pour commencer à écrire sur ce pays après avoir re-visionné toutes mes photos et pris le temps de refaire en quelque sorte le voyage à l'envers.

C'est aussi le troisième pays d'Amérique latine que je découvre après le Pérou et le Mexique.

Avant tout terre rebelle ou les Mayas d'hier et d'aujourd'hui ont farouchement gardés leurs langues, leurs coutumes en opposant une résistance inébranlable aux différents envahisseurs. Elle ne peut laisser le voyageur indifférent.

Terre de contraste haute en couleurs, à la végétation somptueuse, aux anciennes cités noyées dans la jungle, elle est d'une beauté sauvage qui laisse son empreinte en vous pour longtemps.

La végétation tropicale
La végétation tropicale à Ceibal

Aujourd'hui, République du Guatemala, ce pays d'Amérique centrale d'une superficie de 108 889 km2, 20 fois plus petit que le Mexique est limité à l'ouest et au nord par le Mexique, à l'est par le Belize et la mer des Caraïbes (le golfe du Honduras), au sud-est par le Honduras et le Salvador, et au sud par l'océan Pacifique.

La conquête espagnole reste très présente.

En 1523, un des lieutenants d'Hernan Cortés, Pedro de Alvarado, surnommé Tonatiuh par les autochtones, pénétra au Guatemala, maya par excellence. Vaincre les mayas qui étaient déjà très divisés entre eux, et très affaiblis par leurs guerres intestines, fut très facile. Il fonda la première capitale coloniale du pays, Santiago el Mayor en 1527.

En 1542, les Espagnols créèrent la Audiencia y Capitanìa General de Guatemala (“Audience et Capitainerie générale du Guatemala”) qui dépendait de la vice-royauté du Mexique et comprenait 7 provinces : le Soconusco, le Chiapas, le Verapaz, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua et le Costa Rica.

Devenu le siège de l'Audience et Capitainerie générale du Guatemala en 1554, le Guatemala gouverna toute l'Amérique centrale, à l'exception de Panama. Les populations indiennes, qui vivaient de l'agriculture, restèrent isolées, alors qu'une riche aristocratie terrienne se constituait peu à peu.

Antigua, l'ancienne capitale, sous la menace des trois volcans Agua, Fuego et Aguatenango, fut détruite par un tremblement de terre en 1773, elle sera remplacée par une nouvelle capitale, moins exposée “Guatemala Cuidad”, fondée en 1776.

Antigua Arche Santa Catalina
Antigua l'Arche Santa Catalina

Si le Guatemala accède à l'indépendance, en 1821, il sera aussitôt incorporé à l'Empire Mexicain d'Iturbide, dont il se détache en 1823 pour former, le 1er juillet de la même année, une république fédérative indépendante portant le nom de Provincias Unidas del centro America (Provinces-Unies d'Amérique centrale, de 1823 à 1839) comprenant les États du Guatemala, du Honduras, du Nicaragua, du Salvador et de Costa Rica.

Des guerres éclatèrent entre les États de la fédération et les factions rivales. Le pays se disloque en 1839 pour former 5 nouveaux États indépendants : le Guatemala, le Salvador, le Honduras, le Nicaragua et le Costa Rica.

A partir de cette période le Guatemala connaitra une succession de dictatures militaires dont une période de guerre civile et de massacres autour des années 1950/60 qui a fait de très nombreuses victimes civiles dont le pays est aujourd'hui encore très marqué. Si vous tentez de questionner des villageois sur ce sujet, ils se referment comme des huitres en une fraction de seconde.

En 1996, l'élection du président Avaro Arzu semble avoir marqué le début d'une nouvelle ère. Malgré des pressions de l'armée, la paix a finalement été signée entre le gouvernement et les rebelles de l'UNGR (Unidad Revolucionaria Nacional Guatemalteca : l'Union révolutionnaire nationale guatémaltèque).


La Constitution du Guatemala date de 1985, mais elle a été modifiée le 17 novembre 1993.
Seuls cinq articles concernent la langue.

La nouvelle Constitution fait du Guatemala une nation “multi-ethnique, multi-culturelle, multi-lingue”. Certains articles de cette constitution font un peu plus de place officiellement aux différentes ethnies et à leurs spécificités :
Article 143
1) La langue officielle du Guatemala est l'espagnol.
2) Les langues vernaculaires font partie du patrimoine culturel de la nation.

Article 58
Il est reconnu aux personnes et aux communautés le droit à leur identité culturelle en accord avec leurs valeurs, leur langue et leurs coutumes.

Article 66
1) Le Guatemala est constitué de divers groupes ethniques parmi lesquels figurent les groupes indigènes d'ascendance maya.
2) L'État reconnait, respecte et promeut leurs formes de vie, leurs coutumes, leurs traditions, leurs formes d'organisation sociale, l'usage du costume indigène pour les hommes et les femmes, leur langue et leur dialecte.

Article 18
Diffusion de la Constitution
Dans l'année qui suivra son entrée en vigueur, la présente Constitution sera amplement diffusée dans les langues quiché, mam, cakchiquel et kekchi.

L'Accord sur l'identité et les droits des peuples indigènes (Acuerdo sobre identidad y Derechos de los Pueblos Indìgenas) du 31 mars 1995 est un des plus novateurs en matière de protection des langues autochtones. Si ces mesures étaient toutes mises en application, les autochtones du Guatemala obtiendraient une reconnaissance presque sans égal en Amérique latine.

Le gouvernement guatémaltèque devait créer une Commission d'officialisation des langues autochtones, composée de représentants des communautés linguistiques et de l'Academia de Lenguas Mayas (l'Académie des langues mayas) du Guatemala. Elle a présenté son premier rapport au gouvernement, le 23 mars 1998.


Il est impossible d'aborder vraiment ce pays sans en connaitre un tant soit peu son histoire. Elle transparait dans chaque regard, dans chaque pierre et fait toute l'authenticité de ce pays fascinant. Elle est présente partout, dans chaque personne quelque soit son âge.

Je n'ai pas rencontré cela au Pérou et encore moins au Mexique, beaucoup plus américanisé.

Cet exposé fait partie de mes notes prises avant de partir à la rencontre des terres mayas du Guatemala. Il est destiné à ceux qui chercheront à faire plus que visiter un pays, à ceux qui iront à la rencontre des gens. Ce qui n'est pas très facile dans la réalité.

Les guatémaltèques sont gentils, souriants, mais n'ouvrent pas très facilement, vraiment leur porte. Ils sont méfiants. L'histoire leur donne malheureusement raison.

Je trouve important de partager ces données qui permettent de mieux comprendre les réactions pour ceux qui s'y rendront et pour ceux qui n'irons pas d'avoir un regard différent sur ce pays particulier, trop souvent assimilé au Mexique dont il est si proche géographiquement.

Sa capitale actuelle “Guatemala Ciudad”, est une ville dangereuse, ou les embouteillages routiers sont épouvantables et la pollution horrible. Sa population actuelle dépasse les 2,3 millions d'habitants.

Beaucoup revendiquent leurs ascendants mayas. Ils en sont même très fiers et cela est assez récent. J'ai pu voir, mais jamais la possibilité de la photographier, une publicité sur les bus de Guatemala Ciudad où il était écrit “nous sommes fiers d'être mayas”. D'après les gens cette prise de conscience et ce positionnement sont très récents. Si la langue officielle à travers le pays est l'espagnol, tous ou presque parlent l'une des 33 langues mayas.

Le marché de Chichicastenango
Les mayas au marché de Chichicastenango

Le Guatemala actuel est divisé en 22 départements administratifs, dirigés chacun par un gouverneur nommé par le président.

Les différentes ethnies mayas, au nombre de 23, comme les Chujs, Kakchikes, Quichés, etc, vivent principalement dans les régions de montagne à l'ouest vers le chiapas mexicain dont ils sont très proches, et aussi dans le sud du pays ou le respect des anciennes traditions est très marqué.
Les habitants mayas de ces régions revendiquent actuellement la reconnaissance de quatre “peuples” dans le pays: les Mayas, les Incas, les Garìfunas et les Ladinos (Blancs ou Métis aux ancêtres espagnols). Ils demandent que chacun de ces peuples désigne des représentants au gouvernement, et la reconnaissance des langues mayas, au même titre que l'espagnol, comme langues nationales.

D'une région à l'autre le port des costumes traditionnels, y compris par les jeunes générations, le respect et la pratique des anciens rites religieux y compris dans les églises catholiques montrent la pérennité des traditions ancestrales. Tout cela est bien vivant dans la population actuelle. Encore plus vivant qu'au Mexique ou au Pérou sur l'ensemble du pays.

Rites mayas à la porte de l'église de Chichicastenango
Rites mayas à la porte de l'église de Chichicastenango

La lutte des Mayas pour leur liberté a été reconnue par la communauté internationale lors de l'attribution du Prix Nobel de la Paix, en 1992, à une Indienne maya quiché de 33 ans, Rigoberta Menchò . Elle n'a appris l'espagnol qu'à l'âge de 20 ans. Devenue la porte-parole des Indiens opprimés de son pays, elle a du s'exiler au Mexique en 1981 pour fuir la répression militaire. Depuis elle milite activement dans un groupe de défense des droits humains au Mexique, et s'efforce de faire pression sur son gouvernement en donnant de nombreuses conférences aux États-Unis et en Europe. Les affiches publicitaires dans le pays revendiquant la “fierté” d'être maya semble indiquer qu'elle a réussi.

Le nom du pays : “Guatemala” vient du mot nahuatl “Coactlmoctl-lan”, qui signifie “le pays de l'oiseau qui mange des serpents”.

La monnaie nationale du Guatemala est le “quetzal”, un magnifique oiseau sacré chez les Aztèques qui utilisaient les longues plumes de sa queue pour faire des objets de luxe. Oiseau proche, par son allure, des perruches et perroquets, il est malheureusement en voie de disparition au Guatemala.

Il mesure entre 25 et 35 cm pour un poids de 210 g. Son bec, légèrement recourbé jaune orangé, son plumage ventral rouge vermillon, le reste vert émeraude, le quetzal est particulièrement difficile à repérer dans la végétation. Les mâles se reconnaissent à deux longues plumes dites “rectrices”, vertes, formant une traîne qui dépasse parfois un mètre de longueur, (deux à trois fois la taille de l'oiseau).
On le trouve principalement aujourd'hui, dans les forêts tropicales très denses en altitude au Costa Rica.
Une légende raconte que jadis, le Quetzal, fier et ambitieux, voulut devenir roi ! Il se para des plus belles plûmes qu'il prit aux autres oiseaux. Les prêtres Mayas les utilisaient pour orner leurs parures. D'ailleurs, “quetzalli”, dans leur langue, signifiait beau ! L'oiseau était alors sacré, ses plûmes avaient plus de valeur que l'or et le tuer était considéré comme un crime capital.

Aujourd'hui, les populations du Quetzal (Pharomachrus mocinno) s'effritent avec l'avancée de la déforestation. Il a quasiment disparu de ses forêts guatémaltèques.
Son royaume actuel est la cordillère de Talamanca à 3800 m d'altitude, aussi connue sous le nom de Cerro de la muèrte (pic de la mort).
Les quetzals se gavent de l'aquacatillo, fruit d'un avocatier de la famille du laurier, son met favori, qui constitue quatre vingt pour cent du repas d'un adulte. Le reste de son alimentation fait d'une multitude d'autres variétés de fruits, d'insectes, de divers invertébrés, de petits lézards, grenouilles, etc. En régurgitant les noyaux des fruits, le Quetzal ensemence et propage de nouvelles pousses qui participent à régénérer la forêt.
On le retrouve aussi stylisé dans les décors des tissus et broderies.

On ne fait pas du tourisme au Guatemala, on vit une expérience guatémaltèque.

C'est le pays qui vous apprivoise si vous vous laissez surprendre par la magie de la nature et de l'histoire.

Le lac Atitlan, au dessus de Panajachel
Le lac Atitlan, au dessus de Panajachel

Pays magnifique, aux paysages d'une étonnante variété entre la côte pacifique noire et la côte caraïbe de Livingston où on a l'impression d'être en Louisiane, les volcans en activité comme le Pacaya, le lac Atitlan, le Rio Dulce, la presqu'île de Flores, le bout du bout du monde à Todos Santos et San Nicolas, Coban et les grottes de Lanquin tout près du site naturel de Semuc Champey, et bien sûr Tikal ou Quirigua hauts lieux historiques auxquels on ajoute presque toujours Copan (aujourd'hui en Honduras).

Les anciens sites mayas chargés d'histoire et de mystère se dévoilent dans une nature luxuriante qui rend leur approche plus profonde, plus intime. La nature est exubérante, la taille des plantes, des végétaux est renversante. Quand on voit les ficus, les crottons et autres plantes d'appartement chez nous atteindre plusieurs mètres de haut on se sent tout petit !!!

Tikal
Une des pyramides de Tikal

Sans être très sportif, ce pays offre tant de possibilités naturelles, que 3 semaines passent à une vitesse époustouflante. Je rêve, depuis mon retour, de retourner 6 mois à Antigua, pour apprendre l'espagnol et découvrir davantage ce pays.

Un autre point qui frappe beaucoup pour une occidentale comme moi, même si je vis dans un pays très coloré dans le sud de la France, ce sont les couleurs.

Le Guatemala est une symphonie de couleurs tant dans les costumes traditionnels que dans les couleurs des maisons, des fleurs... Une exubérance de couleurs absolument fantastique. Une palette multicolore étonnante, éclatante. Un régal pour les yeux, un bonheur pour le photographe ou le peintre.

On y mange pour des sommes minimes (entre 1 et 10 quetzal, soit 0,10 à 1 euros sur les marchés - pour 40 à 60 quetzal on mange très bien dans de petits restaurants) d'excellents avocats, des oranges, des bananes, des tomates, des ananas, des papayes.
La nourriture est plus variée et meilleure qu'au Mexique.
Il y a bien sûr les galettes de maïs, mais aussi beaucoup de salades et de plats de légumes, de la viande grillée, des ceviches de poissons et fruits de mer, des merveilleuses camarones (grosses crevettes), des chaussons de légumes, dont la célèbre purée de haricots rouges.

Une assiette avec Tapas et purée de haricots rouges
Une assiette avec Tapas et purée de haricots rouges

Par contre circuler par la route est un véritable enfer !
On compte les distances en heures pas en kilomètres.
Le réseau routier est en mauvais état, et surtout très peu développé. Il n'y a pas de réseau ferroviaire, donc tout passe par la route. A l'heure actuelle le pays est un vaste chantier dans ce domaine. Il y a partout d'énormes travaux d'aménagement. Dans quelques années cela sera sans doute un mauvais souvenir. Mais, actuellement, que de temps perdu dans des embouteillages à n'en plus finir.

Un pays qui mérite le détour, du temps et de la patience, mais aussi une grande vigilance.
Si les gens sont souriants, les dérapages sont rapides et violents.

Pendant mon séjour, plusieurs touristes ont été purement et simplement assassinés à l'arme blanche ou au fusil, pour avoir photographié trop d'enfants, ou en encore parce que simplement ils étaient étrangers !!
Incroyable, mais vrai, cela à même fait la une des journaux locaux.
Un français installé depuis 5 ans à Antigua qui travaille en immersion totale avec des artisans locaux au niveau des textiles et des anciennes traditions, envisage de partir.
Il constate avec d'autres étrangers établis depuis plusieurs années qu'il est impossible à un étranger de se faire véritablement accepter par les guatémaltèques, de se faire une vraie place dans la société.
Les guatémaltèques resteront toujours à distance. Il faut de plus une grande prudence et une honnêteté sans faille, sinon on le paye de sa vie, dès qu'ils ont le sentiment d'être exploité. Ils tuent sans sommation. Cela a été le cas d'autres français et belges qui vendaient des bijoux fabriqués par des artisans locaux, qui un jour se sont senti lésés.
Ce ne sont pas des fables, mais une réalité de ce pays beau et sauvage à la fois.

C'est pour cette raison que j'ai choisi de parler autant de l'histoire et du fonctionnement de ce pays dans ce premier avis général. Ce sont des notions essentielles à prendre en compte plus que dans les deux autres pays d'Amérique latine que j'ai visité.

Le niveau de vie est assez bas. Il y a une véritable pauvreté dans tout le pays et les enfants travaillent dès leur plus jeune âge : les garçons en cirant les chaussures, portant des charges parfois impressionnantes, et les filles en se retrouvant très tôt derrière un metier à tisser ou fabriquant des colliers avec des petites perles rocailles. Et puis il ya tous ces petits vendeurs des rues qui offrent leur petite production de fruits et de légumes. Ce sont fréquement des jeunes qui les tiennent.

A Antigua il est fréquent que des enfants soient abandonnés par leurs parents dans la rue. J'en ai personnellement vu plusieurs fois et à chaque fois des personnes sont venues prendre soin d'eux. Ils n'arrivent pas à les nourrir et ils savent que des associations viendront rapidement les récupérer et s'occuper d'eux.
Il y a peu de mendicité. Les gens vendent leur artisanat.

Je réserve un autre regard pour d'autres avis sur les différentes régions et sites que j'ai visités.
Je partagerai les photos dans les avis spécifiques.

C'est en tout cas un pays dont je ne suis pas revenue indemne.
Il a laissé des traces invisibles au plus profond “comme une connexion invisible” une part vierge et sauvage de moi.
Il me faut du temps pour en revenir vraiment, même si c'est un pays où je n'irai pas m'installer à cause de la violence trop répandue.
Une part de moi est resté dans les forêts traversées et dans la multitude des couleurs si chatoyantes et pleines de vie.