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Quand l'Australie s'excuse...

Publié le mercredi 13 février 2008 (par Dominique)

C'est un vrai plaisir de relayer une annonce vraiment étonnante publiée dans le journal Le Monde d'aujourd'hui, 13 février 2008. Le gouvernement australien vient de présenter ses excuses au peuple aborigène des excuses officielles, pour les injustices et mauvais traitements dont il a été la victime au fil de l'histoire. Je reproduis ici l'intégralité de l'information de Reuters présente sur le site du Monde de ce jour, un article de James Grubel traduit par Eric Faye.

Totem aborigène
Totem aborigène sur le site jmjparis.org

Le nouveau Premier ministre, le travailliste Kevin Rudd, a déclaré devant le Parlement que la politique d'assimilation, en vertu de laquelle, de 1910 à 1970, des enfants aborigènes ont été enlevés à leurs familles pour être élevés dans des familles de Blancs, était une tache pour la mémoire du pays.

“Aujourd'hui, le parlement s'est réuni pour corriger une grande faute”, a dit le chef du gouvernement.

“Nous nous excusons pour les lois et décisions des parlements et gouvernements successifs qui ont causé de grandes peines, des souffrances et des pertes à nos compatriotes australiens”, a-t-il déclaré.

Mardi, et ce pour la première fois, la communauté aborigène avait été invitée à la séance inaugurale du nouveau parlement.

Jouant de leur instrument traditionnel, le didgeridoo, le corps enduit de peinture blanche, les Aborigènes avaient organisé une cérémonie de bienvenue dans l'enceinte du parlement.

Ces excuses présentées au parlement interviennent 11 ans après la publication d'un rapport sur la politique d'assimilation qui avait permis d'établir qu'entre un dixième et un tiers des enfants aborigènes avaient été enlevés à leur famille entre 1910 et 1970.

Ce rapport préconisait déjà, en 1997, des excuses nationales pour ceux qui avaient été les victimes de la politique d'assimilation, connues sous l'appellation de “générations volées”, mais le gouvernement conservateur d'alors, dirigé par le Premier ministre John Howard, avait rejeté les conclusions du rapport et n'avait présenté que des “regrets”.

Rudd, lui, avait fait des excuses officielles le premier point à l'ordre du jour du parlement, pour son gouvernement de centre-gauche, qui a remporté les législatives de novembre dernier, mettant fin à 12 ans d'hégémonie conservatrice.

Une centaine de membres des “générations volées” étaient présents au parlement, mercredi, pour écouter les excuses présentées par le gouvernement. Certains ont versé des larmes pendant le discours de Rudd. Des milliers d'autres personnes s'étaient rassemblées sur les pelouses, aux abords du parlement, pour assister au débat parlementaire sur des écrans géants.

JOHN HOWARD ABSENT DE LA CÉRÉMONIE

“Pour la première fois depuis longtemps, la communauté indigène se sent véritablement appartenir à l'Australie, elle sent qu'elle est acceptée par l'ensemble de la nation australienne”, a déclaré à Reuters Mark Bin Bakar, doyen de la “génération volée”.

“L'enjeu est de souder un pays, de reconnaître notre passé et d'aller de l'avant en s'acceptant les uns les autres comme les frères et les soeurs de cette nation”, a-t-il ajouté.

Pour Bin Bakar, ces excuses officielles vont redorer l'image des peuples indigènes à travers le monde entier.

“C'est très important pour le monde entier. C'est un pas en avant vers la reconnaissance du fait que les peuples les plus importants de la planète sont les peuples indigènes (...). Que les peuples indigènes peuvent s'offrir à soutenir le monde”, a-t-il continué.

La foule à l'extérieur, ainsi que le millier de personnes massées dans les tribunes du parlement, ont réservé à Rudd une ovation debout après son discours, diffusé en direct dans toute l'Australie. Rudd a serré dans ses bras des membres des “générations volées” venus assister à cette présentation d'excuses.

D'autres personnes s'étaient rassemblées sur les places et dans les écoles du pays pour assister au discours, dont les Australiens attendent qu'il ouvre une ère de réconciliation entre la population aborigène et le reste des Australiens.

John Howard, qui a perdu son siège de député lors des législatives, n'était pas présent au parlement, mercredi. Tous les autres anciens chefs de gouvernement encore en vie, le conservateur Malcolm Fraser et les travaillistes Paul Keating, Bob Hawke et Gough Whitlam, étaient là, en revanche.

Le nouveau chef de l'opposition conservatrice, Brendan Nelson, a apporté son soutien à Ruud sur la question aborigène.

L'Australie compte aujourd'hui 460.000 Aborigènes et habitants des îles du détroit de Torres (nord), soit 2% des 21 millions d'habitants du pays. Aucun Aborigène ne siège au parlement national, à Canberra.

Les Aborigènes demeurent, au début du XXIe siècle, le groupe social le plus défavorisé en Australie, avec une espérance de vie de 17 ans inférieure à celle du reste de la population, et des taux de mortalité infantile, de chômage, de violence conjugale, d'alcoolisme, d'emprisonnement et de consommation de drogue bien supérieurs à la moyenne nationale.

Kevin Rudd s'est engagé à ramener, en l'espace d'une génération, l'espérance de vie des Aborigènes au même niveau que celle de l'ensemble des Australiens, et à mettre fin aux formes d'inégalité dont souffrent les Aborigènes.


Danse aborigène
Danse aborigène - Photo de Françoise MAYENSON, extraite de la Galerie de l'Internaute

Sagesse

Publié le mercredi 13 février 2008 (par Dominique)

“Le sage se demande à lui-même la cause de ses fautes,
l’insensé la demande aux autres”.

Proverbe chinois

Loup - Susan Seddon

Loup de Susan Seddon

Les proverbes, comme les animaux, véhiculent la sagesse ancestrale et profonde de l'humanité.
Nous y avons tous accès, pour peu que nous le voulions.
Encore faut-il le vouloir…

La vérité énoncée dans celui que je vous propose devrait être enseignée à tous,
et faire partie des fondements de l'éducation de tous les enfants…