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Record de froid en Bolivie

Publié le lundi 13 septembre 2010 (par Dominique)

Alors que le sud de la France connaissait une période quasi caniculaire, la province nord-ouest de Santa Cruz, et plus particulièrement sur les trois fleuves majeurs : Los Ríos Grande, Ichilo et Piraí, en Bolivie, était confrontée à une vague de froid exceptionnelle alliée à un niveau anormalement bas des cours d’eau amazoniens, qui auraient perdu 1 mètre selon certains relevés, entre la mi-juillet et la mi-août.

Bolivie
Poissons morts - photo du web


Le département de Santa Cruz est le plus vaste département de Bolivie.
Il se situe à la frontière entre le Brésil et le Paraguay, et occupe 33,74 % du territoire national.

Carte de la Bolivie
Carte des départements boliviens


Cette vague de froid exceptionnelle a touché 27 espèces animales : 6 millions de poissons, des milliers de tortues, lézards, alligators, caïmans, oiseaux, capybaras (le plus gros rongeur au monde) ont été retrouvés morts de froid sur 300 km de rivières. Les espèces de poissons les plus touchées sont le surubí, le boga et le pacu, des espèces fortement consommées et appréciées par les populations du département de Santa Cruz.

Bolivie
Poissons morts - photo du web


Du fait du très faible niveau des cours d’eau amazoniens, les espèces animales n’ont pu se réfugier, comme elles le font naturellement dans les profondeurs où les températures restent homogènes.

Pour celles et ceux qui comprennent l'espagnol cette vidéo qui fait un état des lieux assez complet.



“Entre le 24 et le 26 juillet une masse d'air froid a frappé l'hémisphère sud du Continent provoquant des chutes de neige dans les régions chaudes, comme le Chaco au sud-est bolivien, un phénomène climatique qui n'avait pas été enregistré depuis 47 ans ! La température a chuté jusqu'à -3°C dans une région où il fait habituellement entre 20 et 25 degrés“, rapporte Actu Latino.

Cette période correspond à l’hiver en Bolivie, mais cette année les températures enregistrées sont de 10° plus basses que la normale créant une situation d’hypothermie pour les espèces tropicales. La température habituellement autour de 20/25° en journée est tombé à -3°C !
Ce phénomène n’avait jamais été observé en Bolivie.

Devant cet état d’urgence, la ministre bolivienne rattachée à l’Environnement et à l’Eau, María Esther Udaeta, a déclaré que le gouvernement envisageait la possibilité d’interdire la pêche et la chasse dans les lieux particulièrement affectés par la vague de froid.

Les populations qui vivent de la pêche risquent de se rabattre sur la chasse et de ce fait d’aggraver le désastre écologique. C’est d’ores et déjà pour ces populations un désastre économique puisque les 50 communautés qui se consacrent à la pisciculture ont perdu 100 000 alvins destinés à la reproduction.

Ce désastre peut aussi d’entrainer des soucis de santé publique, par les risques de pollutions liés au foyer d’infection que représentent tous ces cadavres animaux dans les fleuves. Fleuves qui constituent les réserves d’eau potable pour les populations établies sur les berges. Face au risque de contamination des eaux, les autorités devraient envoyer rapidement deux systèmes de purification de l’eau capables d’assainir 50 000 litres d’eau par jour. L’une des machines sera envoyée vers la localité de Yuquises.

Selon le Service National d’Hydrographie Navale, qui dépend du Ministère de la Défense, le niveau des fleuves du bassin amazonien, tout spécialement le Ichilo et le Mamoré, devrait continuer de baisser en août, en septembre et en octobre. Ce qui va aggraver les problèmes de navigation et la mortalité de la faune piscicole de cette vaste région.

Parallèlement, les perturbations climatiques ont provoqué d'importantes chutes de neige sur l’Altiplano, habituellement région froide mais sans neige, qui entrainent d’importantes pertes agricoles pour la culture de la pomme de terre, aliment de base d'une partie de la population de cette région.

Tout cela est dramatique pour ce pays le plus pauvre du continent sud américain.
Une fois de plus nous n'en avons pas entendu parler…

Peuples indigènes en Amazonie colombienne en danger

Publié le lundi 13 septembre 2010 (par Dominique)

La violence est partout en Amérique latine et centrale en ce moment et nos medias n’en font pas état.

Cette fois c’est un rapport publié par le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés qui signale la menace de disparition qui pèse sur 34 groupes indiens de Colombie à cause de la violence incontrôlée qui sévit en permanence sur leurs terres depuis que des colons se sont installés pour cultiver massivement la coca.

Un Awá Karapiru
Un Awá Karapiru, Posto Tiracambu, Caru, avril 2000. © Fiona Watson/Survival


enfants Awá
Enfants Awá Karapiru, Posto Tiracambu, Caru, avril 2000. © Fiona Watson/Survival


Ces peuples ne représentent que 2% de la population colombienne.

L’assassinat quasi systématique des Indiens de Colombie montre un accroissement important depuis 2008 (hausse de 63% selon certaines sources). 33 indiens awá ont été tués en 2009 dont Luis Socarrás Pimienta, leader wayúu, abattu devant son domicile dans la province de la Guajira au nord du pays. On suppose que cet assassinat est du à un paramilitaire.

Luis Socarrás Pimienta
Luis Socarrás Pimienta


Ces peuples : les Awá et les Nukak (un des derniers peuples nomades d'Amazonie) nécessitent une grande vigilance car ils sont en voie d’extinction. Les Nukak, depuis l'arrivée des colons cultivateurs de coca qui se sont appropriés les terres sur lesquelles ils vivaient et chassaient, se trouvent aujourd'hui confinés pour survivre dans des abris précaires à la périphérie des villes ou dans la forêt dévastée par la violence.

Ces peuples se retrouvent confrontés à un véritable “nettoyage ethnique”. Des entreprises agroalimentaires les chassent de leurs lieux de vie pour installer sur leurs terres des plantations illicites de palmiers à huile et des élevages de bovins de boucherie.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré hier : “L'ancien président colombien revendique le succès de son action contre la violence, mais ce rapport illustre une nouvelle fois le bilan catastrophique du pays en matière de violations des droits de l'homme à l'encontre de la population autochtone. Le nouveau gouvernement de Juan Manuel Santos doit agir une fois pour toutes afin de protéger ses citoyens les plus vulnérables et leur éviter l'extinction avant qu'il ne soit trop tard”.
Extrait de l’article de Notre Planète Info : notre-planete.info/actualites/

Un ancien article très intéressant datant de 2004 dressait déjà un bilan très lourd concernant les déplacements de populations et les purges effectuées en Colombie pour le simple profit de quelques industries agro-alimentaires.

Avec la disparition programmée de ces peuples c'est toute une culture première qui risque de disparaitre.

Des humains tuent, dévastent, détruisent, pillent
la terre qui les porte et les nourrit
pour un profit immédiat
sans aucune conscience pour les conséquences
que subiront leurs enfants.

Mais peut-être n’en ont-ils pas ?

Amérique centrale et nord de l’Amérique latine face aux dérèglements climatiques

Publié le mardi 7 septembre 2010 (par Dominique)

Je suis particulièrement sensibilisée à ce qui se passe en Amérique Latine et en Amérique centrale par mes voyages et mes rencontres dans différents pays.
Vous pourrez le constater, en dehors des polémiques autour d'Eric Woerth et de l’affaire Bettencourt, des retraites et d'un climat social, il est vrai particulièrement explosif, les médias ne nous donnent que très peu d’informations en dehors de ce qui se passe en France, des tempêtes autour de l'équipe de football et des dernières interventions de Barrack Obama.
Tout ça est important… oui, financièrement !

Pendant ce temps, ou finalement il n'est question que d'argent, des vies sont en danger, des humains meurent, des humains sont en grandes difficultés mais cela se passe dans des pays où les enjeux économiques sont insignifiants, alors les médias se taisent !

Le Guatemala, durement touché en juin par la tempête Agatha, est sous des trombes d’eau, alors que le nord-est du Pérou subit une sècheresse particulièrement inquiétante.

Le Guatemala fait face actuellement à des pluies diluviennes d’une rare violence qui provoquent des glissements de terrains, responsables d’au moins 40 morts et autant de disparus.
Dans d'autres pays d’Amérique centrale les intempéries des derniers mois ont fait 55 morts au Honduras, une quarantaine au Nicaragua, 9 au Salvador et 3 au Costa Rica.

Le sud du Mexique à la frontière du Guatemala est aussi touché, en particulier dans l'État d’Oaxaca où 8 personnes ont péri dans les inondations et 80.000 personnes ont fui leurs habitations à cause des inondations. Dans l'Etat voisin de Guerrero, un mort, à l'est L'État de Veracruz, et au sud-est celui de Tabasco, comptent respectivement 200.000 et 124.000 sinistrés.

Inondations au Mexique
septembre 2010 - Inondations au Mexique - Photo Yahoo©


Au Guatemala, on compte quelques 40.000 sinistrés et au moins 11.686 personnes ont été évacuées de leur domicile par sécurité au Guatemala, du fait de 200 glissements de terrains, éboulements et inondations qui sévissent à travers ce petit pays d’Amérique centrale. Trois départements du sud du pays : Escuintla, Retalhuleu et Suchitepequez restent placés en alerte rouge.
Le gouvernement estime à un demi-milliard de dollars (400 millions d'euros) les dégâts actuels.

Les autorités locales sont très préoccupées car la saison des pluies vient tout juste de commencer.
Elle dure normalement jusqu’à la fin octobre.
Ce sont les plus fortes pluies recensées ces 60 dernières années.

Dans la même période au nord-est du Pérou près de la frontière avec la Colombie et l'Équateur, le fleuve Amazone est à son plus bas niveau, à une cote inférieure de 50 cm au niveau enregistré en 2005, qui était jusqu’à aujourd’hui la plus basse référence depuis 40 ans.

À Iquitos, dans la province de Loreto, l’Amazone atteint un niveau de 105,97 m au-dessus du niveau de la mer. En saison sèche le niveau est généralement au moins à 110 m au dessus du niveau de la mer.

L'Amazone à Iquitos
L'Amazone à Iquitos - septembre 2010 - photo du web


La ville d'Iquitos n’est ravitaillée que par le fleuve ou les voies aériennes.
Aucune route ne relie cette région au reste du Pérou.
Le niveau extrêmement bas du fleuve ralentit tous les échanges et la communication dont la grande majorité est fluviale. Tous les temps de trajets entre les villes amazoniennes sont doublés quand ils restent possibles.

L'Amazone à Iquitos
L'Amazone à Iquitos - septembre 2010 - photo du web


Si on en croit le Service National de Météorologie et d'Hydrologie (Senamhi), la sécheresse actuelle serait due au déplacement des zones de pluies vers la Colombie plus au nord. A cela s’ajoute des températures atteignant 34 degrés qui favorisent l’évaporation. Ce même service estime que la baisse devrait continuer d’au moins 20 centimètres d’ici la mi-septembre.
Ces prévisions concernent l'Amazone et ses affluents l'Ucayali et le Maranon.

Espérons pour les populations concernées que cette sècheresse va cesser.

On ne nous parle pas plus des violents séismes de Nouvelle Zélande.

Sur toute la planète le climat devient imprévisible.